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Nutrition Autrefois, les gens riches étaient plus gros que les pauvres.Aujourd'hui , ce serait plutôt l'inverse. cette relation entre poids et pouvoir d'achat fut étudiée dans le détail, notament aux Etats-Unis par le Professeur Adam Drenowski. Il a découvert des choses très étonnantes. A Harlem, par exemple, l'obésité touche 40% de la population; alors qu'à quelques pas de là, dans le quartier huppé de Wall Street, les chiffres tombent à 4%. Drenowski a mis aussi en évidence une relation inversément proportionnelle entre l'obésité et le nombre d'épiceries; et une relation proportionnelle entre l'obésité et le nombre de fast food pour un territoire donné. En France, ce travail a suscité beaucoup d'intérêt. Une équipe d'universitaires marseillais a donc invité son auteur à venir tester ses théories chez nous. Une première publication est venue concrétiser cette collaboration. Pendant une semaine, elle faisait l'analyse de la nourriture (hors alcool) ingurgitée par près de 1500 personnes représentatives de toutes les couches de la societé française. A chaque fois, on relevait le prix, mais aussi la valeur énergétique et nutrionnelle des aliments. On obtenait ainsi une sorte de "prix de revient de la calorie" Les résultats sont sans appel: les personnes appartenant aux catégories socio-professionnelles les plus élevées paient leur calories 1,65 fois plus cher que le pourcentage de la population situé à l'autre bout de l'échelle. Comment cela se peut-il? Simplement parce que les riches mangent moins gras et moins sucré. En language de nutritionniste, on dit que la "densité calorique" est plus faible. En revanche, ils assimilent plus de micronutriments. En guise d'explication, les auteurs pointent du doigt le prix élevé de denrées précieuse sur le plan nutritionnel comme le poisson, Les fruits et les légumes frais. Ils sous entendent ainsi que, comme aux Etats-Unis , les choix alimentaires sont fortement dictés par des critères économiques. Ce n'est sûrement pas faux. Mais il nous semble que d'autres paramètres interviennent de façon au moins aussi déterminante. A commencer par l'éducation. Il est tout de même curieux de voir des familles qui économisent sur la nourriture avant de toucher à des postes comme les fringues, la voiture, la téléphonie ou la télévision. Et ce n'est pas pas tout. Ces choix alimentaires font peut-être appel aussi à des notions évolutionnistes. Confrontés à des difficultés économiques, nous appliquerions ce réflexe, hérité des âges, qui consiste à privilégier naturellement des aliments à haute teneur calorique. L'obésité serait alors la conséquence d'une forme d'insécurité qui épargnerait les classes aisées. Et le manque de moyen ne serait pas directement en cause. Après tout et jusqu'à preuve du contraire; une pomme coûte moins cher qu'un hamburger. On peut aussi faire l'analyse du phénomène en tenant compte de l'impact des campagnes marketing qui ciblent les consommateurs de façon très différente. Aux pauvres, il s'agit de vendre des grandes quantités d'aliments de faible qualité nutritionnelle en présentant cette (sur)consommation comme le symbole de la réussite. Aux riches, on cherche plutôt à fourguer toutes sortes de compléments alimentaires censés contrebalancer les dégâts d'une alimentation déficitaire. Bref, l'industrie agro-alimentaire est en train de relever cet incroyable pari qui consiste à soigner les uns pour les erreurs des autres! Encore de bonnes raisons pour inciter tout un chacun à une pratique sportive régulière. |
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Site mis à jour le 21 septembre 2011
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